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Ouest Assurances accompagne la Bisquine depuis 30 ans, en l’assurant dès le premier jour.

 article du Télégramme du 23 juin 2017

« La Cancalaise, reine de la baie pour ses 30 ans »

Entièrement reconstruite d’après les plans de La Perle, la bisquine de Cancale fête en beauté ses 30 ans. Ce bateau de travail, qui servait à la pêche au chalut et à la drague des huîtres, est devenu l’emblème de Cancale (35).

Depuis le XIXe siècle, Cancale et Granville ont compté jusqu’à 200 bisquines. En 1950, il n’en restait plus que deux à Cancale, abandonnées et ne naviguant plus. Jean-Paul Froc, futur président fondateur de l’ABC (Association de la Bisquine de Cancale), se souvient : « On n’arrêtait pas de parler des bisquines dans les soirées. On voyait leur image partout mais il n’y avait plus de bateaux ». En 1983, ils sont quelques-uns avec lui, dont Marek, peintre des gens de mer, Yvon Georges ou Jean-Yves Jannet, sous la houlette bienveillante du maire et conseiller général, Jean Raguidel, à concevoir un projet de reconstruction. Une subvention de 50.000 francs (7.600 €) est vite accordée.

« On a rameuté dans tous les bistrots »

Le cap est tracé dès l’été 1985 par l’assemblée constituante de l’ABC à laquelle assistent 50 personnes. L’objectif : construire et faire naviguer une bisquine, foi de Cancalais ! À 32 ans, le président met du coeur à l’ouvrage : « On a commencé à rameuter dans tous les bistrots de Cancale et Saint-Malo. En six mois, on a atteint 800 membres ! ».

Les cotisations permettent de financer le début de la construction. La colonne vertébrale du bateau est commandée aux chantiers locaux Labbé, Fresnau, Leclerc. Raymond Labbé a été désigné maître d’oeuvre. La ville autorise l’association à installer son chantier sur le quai de la Houle. Une vraie vitrine : « Ça a été déterminant. C’était devenu un pôle d’animation, ça drainait du monde ».

Éric Tabarly pour parrain

Puis viennent les côtes du squelette, financées de manière originale : les 44 membrures sont vendues. Une plaque de cuivre des 44 heureux propriétaires trône dans le bureau. « On travaillait à la petite semaine dès qu’il y avait des sous ». Outre le conseil général et la Région, la fondation du Crédit agricole finance le bordage, la peau du squelette. Général Motors, dont le P-DG avait épousé une Cancalaise, offre le moteur de 180 chevaux. Les premiers trois mâts ont été coupés dans la forêt du domaine des Ormes d’Yvonnick de la Chesnais.

Le 18 avril 1987, c’est le grand jour. La bisquine est mise à l’eau, à l’ancienne, devant une foule de 20.000 personnes. Le parrain, c’est Éric Tabarly, rien que ça ! La première sortie sera pour aller titiller les Granvillais. « On les a nargués. Ça les a motivés, ils ont lancé leur bisquine en 1990 ! ».

150 jours sur l’eau

Depuis, La Cancalaise est à la fois ambassadrice sur l’eau et lieu de partage entre Cancalais et touristes. La reine de la baie navigue 150 jours par an avec 3.000 personnes à bord entre avril et fin octobre. Des voyages à Amsterdam, Londres et, bien sûr, Brest, Le Golfe du Morbihan, Arcachon et le Branlebas de Régates, à Saint-Malo.

La Bisquine reprend ses marques d’été : jadis, les régates étaient une source de revenus et de fierté pour les bateaux de travail qui se tiraient la bourre. La Cancalaise fait « le tour du riche » : elle parade devant le port de la Houle pour le plaisir des badauds.

À 73 ans, dont quinze consacrés à la bisquine, Annie Cocherel reste une vraie fan. « Il a fallu beaucoup d’énergie pour construire le bateau mais il en faut encore pour qu’il continue à naviguer », dit-elle. Entre grosses réparations et fonctionnement, il faut trouver le financement. Il y a quatre ans, le pont a coûté 40.000 € et les pavois doivent maintenant être changés. La fête des 30 ans, ce week-end, servira aussi à cela. Pour qu’elle soit belle, les membres de l’ABC utiliseront, comme toujours, l’huile de coude et la bonne humeur. Une recette bien huilée !